initiation Bambara
Animisme
Kalao,
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Initiation Sénoufo
initiation Bambara
Le groupe sénoufo comprend environ 2000 000 de personnes réparties en une trentaine de sous-groupes ,de Katiola en Côte d’Ivoire à Koutiala au Mali en passant par Banfora au Burkina Faso. Chaque sous-groupe à ses propres caractéristiques mais ils existent plusieurs traits culturels qui font l’unité des Sénoufos( langue, patronyme, croyances)
Le terme « sénoufo » est un terme mandingue du Haut-Niger « sénékanfo » qui signifie « parlent le séné ». Eux mêmes ne se nomment qu’à travers les sous-groupes linguistiques qui les contituent : Nafana , Kiembara, Tagouana ( dont je suis), Niarafolo, palaka, Djimini, etc... et dont Les différences linguistiques se manifestent dans des nuances de prononciation ,l’accent, le ton, la contraction de certains mots etc.
Les patronymes typiques sénoufo sont au nombre de cinq, correspondant aux cinq lignages d’origine. Il existe une correspondance patronymique entre les Sénoufos et les mandingues :
Senoufo----------------------->Madingue
Soro, horo---------------------->Coulibaly, KeÏta
Tuo, Tou-------->Danyogo, Touré, Diarrassouba
Sekongo-------------->Kamara, Traoré, Saganogo
Yèo, yè------------------------------>Ouattara
Silué, hili------------------->Koné, konaté
Ainsi, Les Sénoufo ont été influencés par les Mandékan (ceux qui parlent la langue de la mère, le Malinké ) appelés Madingues par les colons, et qu’on appelle aujourd’hui «dioula ». Ainsi, les patronymes traditionnels ont-ils été remplacés par des patronymes malinké . En côte d’Ivoire, Il y a depuis quelques temps, un retour aux patronymes originels. Cela a été renforcé par les événements politique récents, consécutifs à l’introduction de la notion d’ivoirité et aux dérives identitaires qu’elle a suscité, poussant les uns et les autres à chercher à prouver leur « ivoirité multiséculaire ».
Ces Malinké ont aussi apporté la religion musulmane. Celle ci n’a que très peu modifié les croyances traditionnelles ; De même que le Christianisme apporté par les colons occidentaux. Ces deux religions sont pratiquées sans conflits mais sans zèle. A Arikokaha par exemple ( mon village), on a 45% de musulman, 40% de chrétiens catholiques ; 15% d’autres (les deux, ou autre) et 100% d’animistes y compris l’Imam et l’abbé qui se retrouvent dans les rituels traditionnels.
LES BAMBARA
De langue madingue ( malinké), ils sont les héritiers du grand empire du Mali du XI° au XV° siècle et des royaumes de Ségou et de Kaarta (1730-1890.)
Peuples d’agriculteurs comme les Senoufo dont ils sont très proches du point de vue cultuel, ils ont développé une culture originale où le conte, la musique, le théâtre ( Koteban) et la danse occupent une place importante.
Mythe Fondateur

Faro, Dieu de soleil et d’eau séjournant dans les eaux du fleuve Niger fit naître d’un couple de jumelles les premiers hommes parlant à qui il donne les premières graines de mil de coton, de fonio et enseigne la forge des métaux et le tissage du coton. En des temps immémoriaux, on lui sacrifiait , au bord du fleuve, la plus belle fille, parée de tous ses ornements. Les statues de jeune femme assise et parée ( cf photo) se sont par la suite substituées aux sacrifices humains.Comme l’agneau dans les religions d’Abraham et les animaux sacrificiel des Sénoufo,ces statues inaugurent l’abandon du sacrifice humain chez les Bambara.
L’initiation chez les Bambara :
Autrefois, la connaissance se transmettait de l’enfance à l’âge adulte à travers l’initiation de DJO. Il s’agit de 6 écoles de la sagesse: Ndomo, Komo, NamaHono, Tiwara et Koré, subdivisées chacuine en grades.
Le 1° grade, Ndomo, s’adresse aux enfants non circoncis(bilakoro). On leur y enseigne la nature de leur être et le but de leur existence. On fait intervenir des masques anthropomorphe ( cf masque N’domo) surmontés de cornes dont le nombre marque les étapes de l’enseignement et le sexe( 3 et 6 sont masculins (4 et 8 sont féminins, les autres chiffres sont androgynes).L’absence de bouche , fermées ou disproportionnellement petite indique l’interdit de parler fait aux initié de cet grade.
Après une instruction qui aborde la question des rapports sociaux et familiaux , celle de la conduite des affaires du lignage, de la nature profonde de l’homme où l’esprit s’oppose à la matière, l’initié atteignait le stade de la sagesse suprême, le Kore. A ce stade, un des masques gardien du bois sacré représente un hyène au front bombé, symbolisant pour l’initié à la fois la connaissance humaine et la vanité. ce stade est ssubdivisé en 8 étapes au terme desquels l'individu a acquis à la fois sagesse, compréhension des mécanismes du monde et aussi une forme de septicisme.En effet, il comprend qu'il faut un contrôle précis des phénomènes de croyance, et, résigné face à un Dieu qu'il pensait rencontrer au bout du parcourt initiatique et qui se revèle plus inaccéssible que jamais, il ne lui reste plus qu'à entretenir le système par la manipulation du sentiment religieux des moins initiés.

MON MUSEE virtuel animiste africain
Les objets que je présente dans ce petit musée personnel sont issus de l’artisanat traditionnel. Ils sont tous désacralisés mais restent porteurs de sens.C’est ce sens que je voudrais partager pour permettre de connaître un peu la pensée et les croyances de l’Afrique traditionnelle et favoriser sinon la compréhensionde l’Afrique d’aujourdh’ui,mais au moins la curiosité pour ses productions artistiques et culturelle. La description que j'en fait est issue des connaissances acquises directement en Afrique, notamment dans mon village, ARIKOKAHA situé dans la sous préfecture de NIAKARA , vallée du Bandama, dans la savane arborée, à 470km d’Abidjan, au pied du mont Niangbo en plein pays TAGOUANA ( Sénoufo)en Côte d’Ivoire.
Elle émane aussi de feu KONE Tiémoko mon père décédé en 1992 à 87 an, et qui a été l’un des derniers hommes à avoir subi l’initiation traditionnelle jusqu’au bout.
Je continue d’enrichir cette petite collection d’objets d’art animiste à l’occasion de chacun des retours en Afrique. Le groupe Sénoufo dont je suis originaire inspire très largement mes propos ; mais aussi d’autres groupes animistes d’Afrique de l’Ouest.
djakaridja-kone@wanadoo.fr

kalaokone
01/08/02