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Kalao: Considéré comme le premier oiseau de la création, le kalao est l'une des composantes de base de la mythologie sénoufo. Son chiffre 7 qu'on retrouve par le nombre de pointes au sommet du crâne, dont la dernière est une vulve ouverte symbolise la procréation. Il est toujours représenté avec un ventre proéminent et un bec fécondant. Ses couleurs sont le rouge et le blanc, symbolisant le sang menstruel et le sperme. C'est la procréation et la vie.Il est utilisé dans toutes les tailles: de 10 cm pour être mis dans un coin de chambre pour veiller sur la sexualité et la fécondité, à 2 et 3 mètres pour être placé à l'entrée du village ou du bois sacré, lieu de l'initiation( Pôrô)Louche à Tchapalo: Cette louche servait de mesure pour le tchapalo, bière de mil ou de sorgho. Le serpent qui enserre la corps symbolise le risque d'empoisonnement que comportait la fréquentation trop assidue des débits de tchapalo toujours tenus par des femmes et où les buveurs mesuraient leurs pouvoirs occultes. Le "tchap" était consommé dans une calebasse , et sa lie déversée à même le sol formait des figures géométriques dont la lecture apportait des informations sur les intentions du buveur ou sur sa moralité. Sortir ivre de là était quasiment obligatoire.Alors, beaucoup hommes simulaient l'ivresse et en profitaient pour enfreindre certains tabous ou régler quelques comptes. KAFILEGUEDIO Ces figurines sont l'apanage des mauvais sorciers, ceux qui nuisent. On n'en trouve pas d'anciens car quand ils s'avèrent innéficaces dans la commande qu'on leur a faite, le sorcier les brûle pour en refaire d'autres. MASQUE CHANTEUR peut être porté par un homme ou une femme. Il accompagne le masque de paix dont il chante les louanges ainsi que celles de la nature et de la pluie. SONGHIE C'est à la fois un intercepteur d'attaques sorcières dirrigées contre son possesseur et un puissantjeteur de sortilèges TELLEM Ce sont les anciens habitants des falaises de Bandiangara avant que les Dogons, venus du nord ne les y délogents. Représentées ici en miniature, ces statues étaient initialement des supports de construction dans les falaises, d'une ingéniosité et d'une robustesse inouies. KAATIELIEW Femme ancêtre des Sénoufo,sainte du village, surveillante du pôro (initiation),elle a souvent quelque chose sur la tête symbolisantla disponibilité pour le nourrissage spirituel des initiés. Exemple de l’initiation au pôrô véritable chez les kiembara et des Nafara : Elle est repartie en 3 périodes de 7 ans chacune, dont seules les deux premières sont obligatoires(1e cycle). Il faut être volontaire et subir un examen d’approbation des anciens pour suivre la 3eme phase (second cycle). A cela s’ajoutent 4 autres phases supérieures de 7ans chacune destinée à l’initiation vers la société secrète et réservée aux meilleurs(3e cycle). 1° phase, (obligatoire environ 7-14ans) : le Poworo littéralement «poro noir », prénubile), dure 7 ans et se subdivise en 4 périodes correspondant aux 4 grades : a)gbwora ou l ‘«apprentissage »des règles fondamentales b)kamourou, ou «l’acquisition de la houe »pour le travail des champs c)sôrô, le «bouc »(maîtrise des pulsions sexuelles) d)tyaraga, le « lion »(Maîtrise de la force et de la puissance) Tous ces noms, compréhensibles au seul initié cachent des symbolismes rattachés à la philosophie initiatique. Ils renvoient aussi aux qualités fondamentales de l’âge considéré. (apprentissage, travail, sexualité, force…) 2° phases, (obligatoire, 14-21 ans) C’est l’adolescence. Elle porte le nom de kwonro. Elle se caractérise par l’initiation du novice à la vie en commun, et tout est centré sur l’intégration morale de l’individu dans la collectivité pour le bien de laquelle il lui faudra désormais supporter avec abnégation des sacrifices de sa personne. Au cours de cette période, l’adepte (qui porte comme déterminatif de sa personnalité un nom rituel inconnu du non initié) participe aux premiers travaux collectifs ; il apprend à confectionner les costumes rituels et autres accessoires liturgiques. Il apprend les danses cérémonielles et les chants funéraires. Il est en même temps entraîné pour servir d’éclaireur en cas de guerre. Au temps ou il existait un service militaire autonome, les Kwonbele (jeunes initiés Kwonro ) constituaient l’avant garde de l’armée. La phase du Kwonro se termine par un mois de réclusion dans une enceinte située en dehors du village et appelée Kakpara. La première épreuve sérieuse, celle du feu, précède alors la sortie des nouveaux hommes « da kakpara ». Les rituels kwonro, destinés à transformer l’adolescent en homme adulte susceptible d’un perfectionnement social ultérieur dans les phases suivantes, sont extrêmement compliqués et impliquent forces gestes incompréhensibles, répétés mécaniquement depuis des siècles. Au cours de cette phase, certaines épreuves peuvent être fatales à quelques jeunes. 3° phase : Le «tyologo », avec l’ensemble des cérémonies majeures, réservées à une élite choisie et réunis dans le bois sacré. C’est la période de la maturité et de la plénitude Elle dure aussi 7 ans et se subdivise en 12 grades-promotions dont les 3 premiers se nomment navigué, nyoungbaraga, kpoliré. Le dernier grade définissant le plus haut degré d’initiation est le kafokoung et il est rarement obtenu avant l’âge de 30 ans. Les autres phases, destinée à l’invitation vers la société sécrète et réservée aux meilleurs, vont se poursuivre et se terminer par le « Wonbèlè » qui est le stade suprême, guère atteint avant 56 ans révolus. Vu l’espérance de vie à l’époque. Peu de personnes l’atteignaient. L’un des masques porté à ce stade(le Wonbèlè) a deux visages (devant et derrière) et est surmonté d’un caméléon. Il a une démarche hésitante, soupesant chaque pas comme si la terre pouvait se dérober. Tout cela symbolise la clairvoyance, le doute, la patience, l’adaptabilité, etc. qui sont les qualités de l’homme mûr et sage qui sait qu'il ne sait pas.Ce masque à été choisi comme symbole de l'Université d'Abidjan. De nos jours les cycles sont raccourcis du fait de la scolarité. Bon nombre de jeunes sénoufo réservent leurs grandes vacances de 3 mois pour recevoir quelques éléments de base de l’initiation. Du reste, les bois sacrés sont moins mystérieux. Les pilleurs les ont visités en ont tout emporté, y compris sur les lieux de cultes bordant les villages. Même «hiil » (une lourde pièce de fer poli) le terrible fétiche de «l’Homme à la tête chauve » -du nom de son adorateur initial- naguère redouté dans toutes les contrées, à été volé de son socle à côté d’Arikokaha, sur la route de Fônôkaha. Enfants, nous allions jouer avec «lui », mais il ne devait pas entrer dans le village. Le faire entrer dans le village était un très gros sacrilège qui dit-on nécessitait, il ya très très longtemps, le sacrifice suprême. Il avait une fonction judiciaire en ce sens que toute personne accusée à tort pouvait l’invoquer et lui demander de faire la lumière. On mettait « hill » sur l’affaire, et on raconte que jamais il ne s’était trompé. Le vrai coupable était toujours retrouvé, parfois après que toute sa famille eût été décimée. A présent, Il est sans doute dans un musée européen, ou chez un collectionneur privé. Et pourtant on disait de lui qu’il pouvait décimer tout un pays quant il était contrarié ; et qu’il revenait tout seul après avoir corrigé son voleur. Aujourd’hui, Il ne reste plus que son support en pierre creuse auquel ses adeptes viennent faire des sacrifice d'animaux.On pense que son esprit est toujour là. A coté des initiations systématiques pour tous(exotériques) il y avait des initiations plus ésotériques qu’on pouvait faire soit par cooptation, (le plus souvent familiale), soit par choix personnels. Ce sont notamment les confréries organisées autour d’activités diverses de la vie quotidienne (chasse, agriculture, artisanat; mais aussi de groupes divers (société sécrètes ) réunis autour de pratiques interdites par la société de tous les jours et ritualisée. Ces organisations pouvaient avoir un réseau particulièrement vaste et englobant tout le territoire Sénoufo et au-delà, avec une grande solidarité entre ses membres. Il en est ainsi de la confrérie des chasseurs les «donzos » ou celle des masques qui, dit-on, recouvrent toute l’Afrique de l’Ouest et se joue des frontières.
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