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Les Sacrifices :( propos librement inspirés de l’ouvrage d’Abdou Touré et Yacouba Konaté : « Sacrifices dans la ville » , Ed DOUGA Abidjan .) Tandis que le chrétien devra se souvenir éternellement du sacrifice de Jésus qui l’en dispense définitivement et que le musulman répétera éternellement et annuellement le seul sacrifice d’Abraham, le sacrifice est présent dans toute la vie de l’animiste, quasiment au quotidien. Ecoutons à ce propos Amadou hampaté Bâ : « Le grand sacrificateur(... )avait immolé tous les animaux qu’il avait l’habitude de sacrifier, sans réussir à obtenir de la pluie. Tout se desséchait dans les champs. (Il) vint me confier ses inquiétudes en ces termes : je dois avoir fauté gravement, puisque j’ai fait tout ce que la tradition demande comme sacrifice et que la pluie ne vient toujours pas, alors que le ciel ne m’a jamais refusé ce que je lui demande, non pour moi, mais pour les plantes, les animaux et hommes du pays. Il me reste un dernier sacrifice à célébrer. Il doit se faire après demain matin(…) Le jour venu, après avoir de nouveau immolé poulets, cabris et chiens en présence de tout le village réuni, le vieillard prend la parole une ultime fois : « Maître des eaux, des cieux et des sources de la terre, je viens à nouveau d’immoler tout ce que mes prédécesseurs avaient l’habitude d’immoler pour faire venir la pluie avec ton accord. Tu es resté sourd à mon dernier appel. Je suis sûr de n’avoir eu de rapports sexuels qu’avec mes épouses, je suis sûr de n’avoir frustré aucun pauvre de ses droits, je n’ai pas sciemment menti, j’ai donné à boire et à manger à l’étranger sans me soucier de qui il était ni d’où il venait, je n’ai maltraité aucun faible ni aucun enfant. La faute que j’aurais pu commettre m’est inconnue. Mais, maître des eaux, puisque tu laisses l’épi devenir brin sec, les être vivants mourir de soif, c’est que j’ai démérité. Je dois un sacrifice que je vais m’empresser de faire de bon cœur et que tu ne saurais mépriser…() Passant de la parole à l’acte, le vieillard souriant se dirigea vers le puis de 50 à 60 mètres de profondeur, se lança dans l’abîme la tête la première en criant : Maître des eaux, déverse ta pluie sur mon pays afin qu’il vive à ma place »… c’est l’illustration des sacrifices. Chez les animistes. Dans la légende Baoulé en Côte d’Ivoire, ce fut son bébé que la reine Pokou sacrifia aux esprits du fleuve pour que son peuple poursuivi, puisse traverser ce fleuve Comoé en furies. Aujourd’hui Le sacrifice est omniprésent dans la vie quotidienne des africains de tous les niveaux culturels, toutes les classes sociales et tous les milieux.Mais ils ne sont plus humains. Les événements importants sont toujours prescripteurs de sacrifices. On peut en distinguer 5 types courants : -Le sacrifice propitiatoire : le plus courant, il consiste à demander que les circonstances nous soient favorables dans nos entreprises. -Sacrifice conjuratoire. Quand le sort s’acharne et qu’on souffre du fait d’un maléfique visible ou invisible, On recherche les causes et on fait un sacrifice conjuratoire -Sacrifice votif : C’est un sacrifice qu’on promet, généralement à un fétiche ou aux ancêtres, en faisant un vœu, et que l’on accomplit obligatoirement après réalisation du vœu. -Sacrifice expiatoire : Pour se faire pardonner une faute commise. En l’absence de prison, ce sacrifice se présentait comme une amende à payer. -Sacrifice prophylactique : pour la prévention, la protection. On fait un sacrifice pour le cas ou… Les voyages qui impliquent sécurité sont souvent des occasions de sacrifice prophylactiques. L’animiste ne peut voyager sans consulter, sans «regarder la route. » Jeune élève dans un lycée situé à une centaine de km de mon village, je suis arrivé souvent en retard à l’internat lors de certains retours de vacance parce que mon père ayant « vu » que la route serait mauvaise ce jour, avait différé mon voyage. De même, il n’était pas question pour moi de prendre la route un mercredi. Même aujourd’hui j’appréhende de prendre le périf’ parisien les mercredi. - Ect…. Mythe fondateur chez les sénoufo Pour les Sénoufo, il y a, à l’origine de tout un Dieu fondateur unique, Koulou Tyolo. Il plaça sur la terre les 5 animaux primordiaux que sont la tortue, le python, le caméléon, le crocodile et le kalao. On en retrouve au moins un sur tous les masques, statue, peinture sénoufo. Il ajouta à ces animaux le premier couple humain. Dans les récits mythologiques, on raconte que ce premier couple originel engendra des enfants ignorant l’agriculture et l’élevage et qui erraient sur la terre en chassant les bêtes sauvages et, parfois, se mangeant entre eux. Le mythe évoque ainsi cet état primitif, sauvage auquel mit fin plus tard Koulou tyolo le créateur qui fit descendre sur terre les premiers aliments agricoles : le mil, l’igname et le riz. La vie de l’homme chasseur changea alors et il devint cultivateur-mangeur de produits végétaux. Mais ce dieu s’est endormi et il n’intervient plus dans les affaires de l’univers.
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