|
|
ÉLÉMENTS D’ART "ANIMISTE " AFRICAIN L’ANIMISME C’est à la fois une religion ( qui relie les gens entre eux) à travers des pratiques liturgiques ; un système de croyances et de valeurs régissant la vie quotidienne ; et une philosophie donnant son sens à la vie des africains. L’animisme peut se définir comme la conception métaphysique qui introduit un certain nombre d’intermédiaires entre le créateur suprême et l’être humain. Les premiers de ces intermédiaires, les plus proches de Dieu sont les ancêtres. Suivent ensuite des éléments de la nature(rochers, lieux particuliers, cours d’eau …) ;Les esprits immatériels (génies) visibles seulement des enfants sans langage, des fous et des « voyants » ; des objets spécifiques personnels ou familiaux fabriqués et investis d'un pouvoir etc.… Tous ces intermédiaires sont dotés du pouvoir d’intercéder. Dieu étant très loin et très puissant, l’homme est trop petit pour l’approcher directement. Ainsi va-t-il s’adresser toujours à un autre, qu'il juge "plus grand" que lui, pour toucher un plus supérieur encore. Ainsi donc, contrairement à une idée rependue, l’animisme n’est pas une religion polythéiste comme chez les Egyptiens, les Grecs et les romains de l’antiquité. Mais à la différence des religions du livre ( judaïsme, Christianisme, Islam), le Dieu animiste s’est endormi après la création et a délégué son pouvoir aux intermédiaires qui peuvent quand même le réveiller en cas de force majeure. Son nom est prononcé dans toutes les prières, les bénédictions, les sacrifices et les offrandes. En Côte d’Ivoire par exemple, Il a nom Laagôh, chez les Bété, Koulo tyolo ( mère de la nature) chez les Sénoufo, ou Gnamien chez les Akans. Pour toute prière, l’animiste passera par un intermédiaire pour l’invoquer. La cosmogonie animiste comporte trois espaces intriqués et en constance interaction: -L’espace réel des vivants, le nôtre ; -l’espace des ancêtres et des morts, -l’espace des esprits, des génies, et des forces surnaturelles. Bien qu'ébranlé par les religions venues de la mer (Christianisme) et du désert (Islam), l'Animisme continue de jouer un rôle fondamental dans la vie quotidienne des africains.Tous les actes en sont imprègnés. En effet, Cette religion était pratiquée longtemps avant l’arrivée de l’Islam et du Christianisme. Malgré une forte pénétration de ces deux dernières, l’animisme reste ancré dans l’esprit africains. Il est de plus en plus revendiqué comme une religion à part entière par ces derniers ; et reconnu en tant que tel par certaines églises. Du reste, les religions importées l’intègrent de plus en plus dans leurs pratiques. En témoignent, la notion d’enculturation introduite par le christianisme en Afrique et qui incite à laisser une coloration animiste aux pratiques chrétiennes, notamment en Afrique centrale . Cela semble une nécessité vitale pour le christianisme. La surprenante tolérance de l’islam face aux pratiques de maraboutage qu’on rencontre en Afrique de l’Ouest témoigne aussi de cette acceptation. Sous l'angle psychologique, l’animisme symbolise une affectivité qui essaie de se dépasser par la justification. L’animiste a constamment une vision psychanalytique (à moins que Freud ne fût animiste.) Tout est signifiant et comporte un sens qu’il faut trouver. Il n’y a pas de hasard. La naissance, L’accident, La maladie, la mort même d’un très vieux, etc. sont autant d’événements porteurs de messages dont il faut savoir décrypter le sens, au-delà de la cause apparente. Se fondant sur leur propension à rechercher des responsables à tous leurs maux, On a d’ailleurs souvent cru que les Africains ignoraient les causes des maladies. En réalité, à la cause qui constitue l’explication d’une affection, sa source, ils ajoutent le sens, la signification pour eux, qui en constitue l’interprétation. Ainsi, tout en reconnaissant l’origine virale d’une maladie par exemple, on en recherche le sens c’est à dire la signification pour le malade et sa communauté. De quel message la maladie est-elle porteuse ? Tel enfant malade peut signifier que tel défunt souhaite qu’on se souvienne de lui à travers des dons sacrificiel. On soignera l’enfant avec des médicaments,souvent à base animal, végétal et/ou mineral; mais an fera aussi les sacrifices. En Afrique traditionnelle, Une thérapie digne de ce nom implique nécessairement la prise en compte conjointe de ces deux dimensions. Cela est valable pour tous les événements de la vie. Très jeune, l’enfant apprend à identifier et à interpréter les signes ou à consulter pour se les faire lire ; qu’il s’agisse de rêves, de chants d’oiseaux, d’apparition inopinée d’un animal, d’événements curieux…Animisme et fétichisme Les cultes animiste et fétichiste se ressemblent mais ont une signification différente. L’un dérive de l’autre. Ils résultent tous les deux de la même logique d’intermédiation, mais Parallèlement à l'animisme qui agit pour le bien entre les hommes(morts ou vivants) et pour le lien entre eux, le fétichisme est animé par le désir de maîtriser les force surnaturelles et de les détourner à son avantage. C’est la source de la sorcellerie. Chez les Tagouana( sous groupe Sénoufo) par exemple, il ya 2 types de sorciers : Le bon sorcier(djafôlô), qu’on peut traduire par «chercheur » qui recherche les causes et le sens des maux pour les guérir et qui, à cette occasion, affronte très souvent Le mauvais sorcier(Lokpôh, ou sorcier anthropophage)qui utilise ses fétiches pour nuire. Ainsi, Le fétichisme constitue une pratique aux effets immédiats.. Il peut être utilisé à des fins maléfiques. Mais certains comme les tradi-praticiens et les guérisseurs s’en servent, pour soigner. Après la guérison, le malade fera un sacrifice pour remercier les différentes forces qui sont intervenues. Ces esprits peuvent habiter un arbre, un objet, une pierre. Le culte est rendu à l’esprit par le sacrifice d’une vie animale dont on mange sa viande pour avoir la protection ou la grâce du fétiche. Le fétiche, placé à l’entrée du village, le protège. Mis dans la case, il protège la famille. En cas de besoin, on lui rend un culte. Art et artisanat En Afrique noire il n ya pas de frontière entre art et artisanat ; entre fonction utilitaire et fonction esthétique ; entre esthétique pure et symbole religieux. Les civilisations africaines ont toujours accordé la primauté à la fonction sur la forme. La beauté n’est jamais recherchée pour elle-même. Elle est atteinte lorsqu’il existe un accord fondamental entre la pensée religieuse et l’objet chargé de l’exprimer ou de la servir (ustensiles, statues, masques..) Masques et statues La principale différence entre statue et masque réside dans le fait que la première reste immobile pendant les cérémonies, tandis que le second participe à toutes les phases du rite puisque attaché autour du visage d’un participant, toujours un initié. Certains masques sont constitués d’un ensemble comprenant, outre le masque, un habit en tissu ou en raphia recouvrant totalement le porteur et dissimulant son identité. Le danseur disparaît pour mieux manifester la présence de l’esprit qui le possède. Les statuettes contiennent la forces vitale qui permet d’interpeller les esprits. Celles-ci n’ont d’efficacité que si l’on a accompli et renouvelé sur elles des offrandes et des rites spécifiques. C’est un des médiateurs essentiels de la religion animiste.
|
|
|